Défi écriture

La consigne était : Comment avez-vous su/appris et vécu la chute de Lord Voldemort ?

Le classement final pour cette épreuve a été celui ci :

1. Pomme

Début

L'année de la grande bataille, était une grande année pour Pomme. Elle allait avoir 9 ans. 9 ans, ça changeait tout, elle devenait grande. 9 ans, c'était presque 10 ans, et 10 c'était quand même très grand ! Sans parler que dans deux ans, elle allait pouvoir rentrer à Poudlard. Rien que d'y penser, elle se trémoussait sur sa chaise. L'école des moldus n'était pas amusante, ce qu'elle voulait c'était apprendre à voler, à se transformer, à transplaner. Comme tous les apprentis sorciers qu'elle connaissait et qui revenaient pour les vacances, les yeux chargés d'étoiles du ciel de la grande salle, Pomme voulait rentrer au château pour tout voir, tout apprendre. Elle s'était promise d'être sage là bas, contrairement à ce qu'elle faisait à l'école. Mais Poudlard c'était différent, et rien que le nom la faisait rêver. Alors elle ferait honneur à sa maison et à sa famille et serait une élève exemplaire. Sa maison d'ailleurs, elle en rêvait la nuit. Elle ne s'était pas encore fixée, en tout cas pas Serpentard, elle voulait être sérieuse. Serdaigle l'attirait, parce que là bas allaient les enfants les plus assidus, les plus travailleurs.

 

Parce que les adultes ne la prenaient pas au sérieux, Pomme eu vent de la guerre que par morceaux. Morceaux qu'elle récupérait de façon tout à fait honnête, en écoutant aux portes, en redescendant le soir une fois que tout le monde la croyait endormie et en piquant les journaux que son père oubliait sur la table table du salon.

Elle ne comprenait pas les détails, mais avait une idée globale de ceux qu'elle appelait « les méchants ». Elle savait que certains souffraient, elle savait qu'elle était du côté des « gentils ». Pomme avait une vision enfantine de la bataille, ne doutant pas un seul instant de l'issue, et persuadée que le bien triomphait toujours. Mais elle était sorcière, et elle craignait le nom de Vous-savez-qui. Elle le craignait parce que ses parents en avaient peur, parce qu'elle avait été élevée dans un monde qui n'osait prononcer son nom. Dans le noir de sa chambre, quand plus personne ne bougeait, qu'elle entendait les bruits habituels et rassurants de sa maison endormie, elle prononçait en chuchotant le mot qu'elle ne devait pas dire. « Voldemort ». Elle tremblait d'effroi dans son petit lit, espérant à la fois que quelque chose de magique se produirait et en même temps que rien ne changerait jamais. C'était son secret, faire de ce tabou une revanche contre les grands.

 

Pomme donc, savait. Elle avait remarqué que son père écoutait une radio différente depuis quelques temps, une radio qu'elle n'arrivait pas à trouver toute seule. Elle entendait ces voix inconnues et guettait les réactions des visages. Elle captait les coups d'oeils entre ses parents, les regards entendus, les mauvaises nouvelles. Dans cette radio, qui les faisait parfois rires aux éclats, les commentateurs avaient des noms étranges mais cela ne semblait pas les perturber. Un jour, elle fut persuadée de connaître l'une des voix, mais malgré ses efforts, elle ne pu remettre un nom. La voix partie, elle ne l'oublia pas, mais ne posa pas de question. Les réponses la décevaient toujours, elle préférait se faire sa propre opinion.

Un jour, elle avait osé demander quelle était la différence entre les sangs-purs et les autres. On l'avait regardé longuement, si intensément qu'elle en avait rougit. Et la réponse était tombée, décevante : « aucune ». Elle n'avait pas insisté. Il y a certains sujets sur lesquels, les petites les plus curieuses savent qu'ils ne faut pas trop appuyer. Alors elle retournait à l'école, comme tous les autres jours, en sachant parfaitement que dans son dos se tramait des choses dont on ne voulait pas lui parler.

Elle vivait dans ce monde ou rien n'avait changé, l'école restait la même, elle attendait les vacances avec la même impatience. La guerre était loin, relayée par les journaux, les chouettes et la radio.

 

Un jour cependant, la guerre rattrapa son monde. En rentrant de l'école, une énième punition dans son cartable, elle poussa joyeusement la porte de la maison. Elle trouva ses parents dans la cuisine, un sac sur la table. Sa mère essuya une larme de sa joue rapidement, mais pas assez pour la fillette. Son père glissa sa baguette sous sa veste, le visage fermé. Pomme lui agrippa la main. Il lui expliqua qu'il partait, pas longtemps, qu'il reviendrait. Elle resserra sa prise, il lui demanda d'être sage, elle cria. Elle voulait partir, il ne transplanerait pas sans elle. Sa mère la détacha, la serra contre elle. Malgré ses gigotements, Pomme ne faisait pas le poids. Dans un dernier coup d'oeil, sa mère supplia, son père promis... puis disparu.

 

La petite peste devient furie, elle courut au dehors pour le rejoindre, tout droit, à l'opposé du soleil couchant. Tentative vaine, les combattants étaient à des centaines de kilomètres, décidés et valeureux. Quand la nuit l'enferma, on revint la chercher. Tout autour d'elle était automatique : bain-manger-coucher-lever-manger. Elle n'allait plus à l'école, elle passait des heures à écouter la radio, sans trouver la station qu'elle cherchait malgré la baguette qu'elle dérobait à sa mère.

Elle savait que les gentils gagneraient, mais à quel prix ? Elle ne comprenait pas pourquoi son père était parti faire une guerre qui ne le concernait pas.

Quelques jours plus tard pourtant, un père de famille transplana au milieu du village. Le messager n'avait qu'une phrase : « on a gagné, venez ».

Sa mère lui attrapa la main et elle senti le souffle du transplanage. Elle s'agrippa, jusqu'à se retrouver dans ce lieu qu'elle avait toujours rêvé. Dévasté. Partout, les gens affluaient, en pleurant, riant, criant. Elle n'avait d'yeux que pour ce château dont on lui avait tant parlé et qui était à présent presque détruit. Elle n'irait jamais à Poudlard, ne deviendrait jamais une sorcière. Elle continuerait à … Mais déjà quelqu'un la soulevait de terre et l'embrassait. Elle retrouvait les bras chaleureux de son père, couvert de poussière et de sang. La fin ne fut que chaos, fête, douleur et recueillement.

Epilogue : A 11 ans, comme tous les sorciers qu'elle connaissait, Pomme reçu un hibou. Le premier septembre, elle embarqua dans le Poudlard express pour la première fois, avec ce mélange d’excitation et de peur des nouveaux. Le château était plus beau que tout ce qu'elle avait pu imaginer. Elle ne fut jamais envoyée à Serdaigle mais Gryffondor l'accueillit à bras ouverts. Et comme les bonnes résolutions ne changent malheureusement pas les petites filles, Pomme continua toutes ses bêtises, découvrit son propre monde et apprit qu'avoir une baguette à son nom ne suffisait pas pour lancer un sortilège quelqu'il soit.

Fin


2. Hook

 

« La bataille finale contre Voldemort et ses sbires ? Mais oui j'y étais mon petit.

Tu veux que je te racontes ? Prend ton mal en patience car ça va prendre quelques minutes. Voici comment ça c'est passé : »

Hook se plongea dans ses souvenirs :

« Il faisait froid ce jour là, la bataille faisait rage partout autour de Poudlard, mais une chose était différente des autres jours de cette fichue année. En effet, on pouvait voir les bannières des quatre maisons ensembles cotes à cotes, venait en premier Gryffondor et Serpentard puis Serdaigle et Poufsouffle. Pour une fois les maisons étaient unies contre l'ennemi.

 

Nous étions au niveau de la forêt interdite avec 2 aurors et un bataillon de jeunes gens enragées qui constituait mon équipage de l'époque. Oui de l'époque car beaucoup sont tombés en ce jour funeste.
On avait pour mission de proteger la sortie de la forêt interdite face aux détraqueurs et aux mangemorts.
Je me rappelle que ce sont les mangemorts qui ont attaqués en premier avec leurs sinistres masques, bien sur nous n'avons pas bougés, nos baguettes levées malgré les endoloris et avada kedavra que nous recevions. On contre-attaquait dés que possible et on en faisait aussi des victimes, mais aucuns de nous n'utilisaient les sorts interdits, nous n'étions pas des brutes après tout.
Au moment ou il y avait moins de mangemorts, les détraqueurs sont apparus. Ses funestes créatures me donnait froid dans le dos comme beaucoup mais nous avions décidés que la moitié de nos rang les attaqueraient, j'en étais. A ce jour là je me rappelle de la pluie de patronum qui formait un bouclier parfait entourant les limites de la forêts, les détraqueurs fuyaient les uns après les autres...Jusqu'au moment où cinq de mes camarades tombèrent ensemble. Oui derrière nous se tenait des gens sans masques..des membres de mon équipage qui nous attaquait..

 

Je me rappelle de ma rage de l'époque quand j'ai vu sa.. On a commencé a contre-attaquer mes nos rangs faiblissaient peu à peu alors qu'on aurait dit que 2 mangemorts remplaçaient celui qui tombait..Jusqu'au moment ou une volée de flèches provenant de derrière nous commença a tomber..Les centaures avaient décidé de participer à l'ultime bataille et oui..on se battait à armes égales enfin..

 

Puis tout à coup le temps nuageux s'assombrit et des éclairs apparurent. Les mangemorts levèrent leurs baguettes, les centaures et mes camarades avons levés les yeux au ciel. Je me rappellerais toujours de ce moment. Un froid plus glacial que la marque d'une goule apparut. Les mangemorts ricanèrent, leur maitre était là..et je peux vous l'avouez, nous n'en menions pas larges de notre coté..
Quelques secondes interminable plus tard, on vit les mangemorts pointer leurs baguettes vers nous, masques à découvert, on pouvait reconnaître des hommes avec qui on avait été à l'écoles, des serpentards, des membres du ministère de la justice..Puis un éclair vert et rouge apparut dans le ciel comme un coup de tonnerre. La terre a tremblée et nous sommes tombés à genoux, ainsi que les mangemorts.

 

Il y eut une grande explosion de magie..puis plus rien. Les nuages fondirent et laissèrent place à un ciel bleu azur. Les mangemorts qui le pouvaient encore transplanèrent, abandonnant leurs camarades sur places, il n'y avait plus de détraqueurs. Etait-ce ainsi que ça devait se finir ?
J'ai apprit quelques secondes plus tard par le signal convenu que Voldemort avait été vaincu. Le jeune Harry Potter avait donc réussi là ou les plus grands avaient échoués. Je me souviens de l'émotion, des larmes sur les visages des personnes autour de moi..C'était la fin d'un calvaire, d'une lutte acharnée contre les ténèbres. Oui elles allaient revenir, mais il allait falloir du temps, du temps pour reconstruire.

 

Mais la première chose que j'ai faite n'a pas été de célébrer cela comme il convenait. Les larmes coulaient sur mes joues en pensant à toutes les pertes qu'on avait essuyées, au jeunes enfants, aux plus vieux, aux adultes.. Je me suis rendu seul sur la tombe de l'ex-directeur de Poudlard Albus Dumbledore le puissant, le vénérable. J'ai prié pour qu'il repose en paix en effet, il avait plus lutté que nimporte lequel d'entre nous contre les forces du mal et s'était sacrifié pour notre avenir. Quelques secondes plus tard, je n'étais plus seul. Les professeurs de Poudlard avaient transplanés pour se receuillir et il y avait même Harry. Il avait l'air plus fatigué et plus triste encore que nous autres. Plus tard, le professeur McGonagall et le Harry me racontèrent comme la bataille avait finie, la prétendue mort d'Harry, la vérité sur Sévérus, le discourt du jeune Londubat, la mort de Naguini qui permit à Harry d'en finir.

 

Le Château était encore dans un bon état grace à ses défenseurs, mais il fallait réparer les dégâts dans tout le monde magique, rappeler les élèves, les familles, présenter ses condoléances..Mais l'heure de réparer n'était pas venue encore. Il fallait fêter la fin de la terreur des mangemorts et de Voldemort. Plus tard on s'est mit à chercher les mangemorts pour faire justice, mais nous avions décidé, avec le ministre de la magie de ne plus jamais utiliser les détraqueurs comme surveillants, c'était un sort bien trop horrible...même pour des tueurs. Voila, comment Harry a triomphé du mal. »

 

Hook revint à la réalité et se rendit compte que les enfants était scotchés à l'histoire. L'une des petites me demanda :

-  « Mais.. et Harry, il est devenu quoi après ? Et Poudlard ? Et vous avez fêter la mort de Tu-sais-qui après ??? »

Je répondit alors :

- « Harry Potter est devenu un grand personnage. Pour ce qui est de Poudlard, vous verrez cela l'année prochaine quand vos études commenceront. Je me demande dans quelle maison vous irez..enfin peu importe, de grands personnages proviennent de Gryffondor comme de Serpentard, de Poufsouffle comme de Serdaigle. 

L'autre enfant me demanda :

-  « Et Rogue ? Il est toujours professeur ? J'ai peur de Rogue..et vous avez fêtez sa comment ? »

A cette question j'eu un petit pincement au cœur et finit par répondre devant l'air insistant du petit :

-  « Severus Rogue petit..Severus Rogue. Un grand homme cette homme là. Quand à la fête.. c'est une autre histoire. »...


3. Elena

 

Le lustre en cristal diffusait une chiche lumière dans la vaste salle à manger du manoir des Wyrda. Les buffets qui couraient le long des murs peints en noir projetaient des ombres inquiétantes dans tous les recoins. Au centre de la pièce se dressait une longue table sur laquelle les trois membres de la famille dinaient en silence. Seuls les bruits des couverts contre les assiettes et les allers-et-venus du personnel perturbaient la sérénité des lieux.
Soudain, la porte donnant sur le hall d’entrée s’ouvrit avec fracas. Le vase de Chine qui était posé derrière tomba et se fracassa en mille morceaux sur les dalles sombres. Elena Wyrda tressaillit et se tourna la tête. Ses parents avaient déjà dégainé leurs baguettes magiques. Ils les rangèrent en reconnaissant l’intrus, leur plus fidèle ami, Ludovic. La fillette de treize ans posa ses yeux bleus sur le visage pâle de Ludovic.

 


— Par la fourche de Satan, que se passe-t-il mon ami pour que tu viennes ainsi troubler ce repas ? s’enquit le père d’Elena, Alexei.
Il se leva tandis que leur Ludovic venait à sa rencontre.
— C’est… le seigneur des Ténèbres est mort, mon ami ! lâcha-t-il, les yeux humides.
Elena écarquilla les yeux. Son cœur fit un bond dans sa poitrine. Elle se leva d’un geste brusqueet renversa sa chaise.
— C’est faux ! cria-t-elle en pointant du doigt l’homme.
Il pivota vers elle et prit un air grave.
— Hélas, ma petite Elena, j’aimerais que tu ais raison. Mais j’ai ressenti sa chute au plus profond de mon être, dit-il en retroussant la manche de sa veste pour faire apparaître la marque des Ténèbres.
Elena savait que ses parents ne possédaient pas la marque des ténèbres. Selon eux, ils n’étaient pas sains de se faire tatouer la peau. La jeune fille s’approcha lentement et plissa les yeux sur la marque pour espérer y déceler la vérité. Ludovic rabattit sa manche sur la marque.
—Vous avez toujours su vous montrer discret en ce qui concerne vos penchants pour le Seigneur des Ténèbres Alexei, continua l’homme. Les Aurors ne penseront pas à venir ici. Mais moi…
Sa tension était palpable. Il jeta des regards vigilants dans toutes les directions. Elena vit son père poser une main lourde sur l’épaule de son ami.
— Nous allons vous cacher…
— Non ! l’interrompit Ludovic en reculant de deux bonds pas. Je m‘en voudrais de mettre votre famille en danger.
Ses yeux se baissèrent sur Elena. Elle sentit alors toute la détresse de l’homme, plus forte encore que la sienne.
—Je dois partir, déclara-t-il en tournant les talons.
Sa cape claqua et il s’éloigna d’un pas déterminé. La porte d’entrée se referma dans un bruit sec. Elena leva la tête vers son paternel.
— Il n’est pas mort, papa ? Hein ?
Alexei Wyrda échangea un regard avec sa femme. Cette dernière pivota vers sa fille et tendit la main.
— Viens ma chérie, on va ranger ta chambre. Il va falloir que tu enlèves tous ces posters…
Elena tapa du pied et croisa les bras.
— Non, je ne veux pas !
Sa mère l’ignora et monta le grand escalier en direction de sa chambre. Affolée, la fillette courut en montant les marches deux à deux. Mais il était trop tard. Quand elle arriva dans sa chambre, sa mère arrachait déjà des murs rouges tous ses posters. Celui en taille réel de Voldemort, qu’elle avait acheté presque un gallion au chemin de Traverse. Celui de Drago Malefoy qui posait torse nu contre le saule cogneur de Poudlard et qu’elle avait eu la joie de découvrir dans le mensuel « Sombres Ténèbres ». Un autre de Voldemort, dans sa jeunesse, où le futur Seigneur des Ténèbres, appuyé contre un mur, observait l’objectif avec un fin sourire. Il y avait plusieurs affiches de Bellatrix qu’elle avait récupéré avec difficulté dans des magasines de coiffure assez rares. La fillette se jeta sur le dernier poster encore accroché.
— Oh non, pas celui-ci maman ! supplia-t-elle en lâchant quelques larmes.
Sa mère haussa les épaules.
— De toute façon, celui-ci ne pourra guère nous trahir, dit-elle. Et je t’avais déjà demandé de le retirer…
Elle broya toutes les autres affiches dans ses mains et repartit avec une énorme boulette de papier vers l’étage inférieur, probablement vers la cheminée. Le cœur d’Elena continuait de battre follement dans sa poitrine. Elle tendit l’oreille, puis certaine que sa mère ne se trouvait pas à proximité, elle se détacha de la paroi qu’elle avait protégé de son corps. Ses yeux émerveillés se posèrent alors sur Sirius Black à dix-huit ans. Il était assis sur un balai et riait aux éclats, dévoilant une dentition parfaite et un charme enchanteur.
— C’est de ta faute ! s’exclama-t-elle soudain au poster. Si tu avais soutenu le Seigneur des Ténèbres, comme tout le monde le croyait, il ne serait pas mort aujourd’hui. C’est de ta faute ! Je te déteste.
En larmes, elle déchira avec ses ongles la photo jusqu’à ce qu’il ne reste que des lambeaux pendants. Elle se jeta alors sur son lit. Et dire que demain, elle aurait dû recevoir le numéro spécial de « Sombres Ténèbres » sur la jeunesse de Voldemort !


4. Eglantine


 

A cette époque, j’étais une jeune élève de troisième année à Serpentard. Ce fut une année plutôt tourmentée pour tous les élèves de Poudlard. Moi qui avais toujours eu pour habitude de me faire discrète, cela s’était révélé utile. J’avais suivi mes cours studieusement, et sans attirer l’attention. Le soir je trouvais généralement réconfort dans ma salle commune. Les Serpentards n’étaient (et ne sont) pas aussi froids et méchants qu’on les décrit souvent, à part quelques exceptions. Nous nous soutenions comme une famille, tout comme les autres maisons j’imagine.

 

Un soir où nous avions été réuni dans la grande salle, une rumeur s’est répandu : Harry Potter était réapparut à Poudlard. Tout d’abord, j’ai pensé que quelques élèves s’étaient crus malins de laisser entendre ce genre d’idioties. Puis il parut évident que c’était vrai. Je l’ai reconnu immédiatement quand il sorti des rangs des Gryffondors. Il avait toujours cette attitude prétentieuse et ce regard insolent que je lui avais remarqué lors de mes deux premières années à Poudlard. Je ne l’aimais pas beaucoup, peut-être parce qu’il était Gryffondor et sûrement aussi à cause de toute l’admiration que les gens avaient pour lui à propos de quelque chose qu’il n’avait même pas fait volontairement. Beaucoup disaient qu’il était le seul à pouvoir nous sauver. J’étais septique mais après tout ça ou autre chose…Je ne demandais qu’à voir le «miracle de l’élu » !

 

Alors que Rogue s’était enfui et que les choses commençaient à bouger au château, la maison Serpentard a été isolée, certainement à cause de la réputation que l’on nous donne souvent. Je me souviens de l’incompréhension qui nous avait envahi moi et mes camarades. Ceux qui nous disaient être les gentils nous avaient exclus sans même savoir si nous avions quelque chose à nous reprocher, et nous avait traité comme des coupables. Avec le recul je comprends qu’ils ont eu peur qu’on devienne « gênant » mais quand même. Nous n’étions que des enfants, et pas des mangemorts… Même Drago, ce septième année qui voulait toujours donner l’impression d’aimer ce genre de situation avait l’air d’avoir plus peur que moi.

 

Il régnait une atmosphère pesante depuis que le fameux Seigneur des Ténèbres avait fait sentir sa présence : de la peur, du doute mais finalement aussi un peu d’espoir insensé à voir Poudlard se mobiliser. Et puis il y avait le grand Harry Potter… parlons-en de celui-là. Il était difficile de savoir à quoi s’attendre avec lui. Nous savions que tout reposait sur lui. L’école entière se préparait à le protéger s’il le fallait, sans savoir s’il ne valait en fait mieux pas le laisser partir… Le célèbre Gryffondor n’aurait pas pris la peine de nous faire part de ses intentions. Et quand je dis « nous »… personne, pas un professeur ne savait où il se trouvait. Alors nous sommes tous restés là, ensemble, à faire du mieux que nous pouvions.

 

Dès que la bataille a commencé, j’ai pu voir toutes sortes de créatures se battre et j’avais parfois du mal à savoir dans quel camp se trouvaient celles-ci. Leur regard ne laissait pourtant aucun doute. Les mangemorts et leurs alliés avaient tous cette même lueur dans l’œil. Un mélange de méchanceté, de colère et même d’amusement à l’idée de pouvoir faire souffrir l’un d’entre nous.

 

Pendant que les combats faisaient rage, moi qu’est-ce que je faisais ? Je me contentais d’avoir la trouille… Soyons réaliste j’avais 13 ans, et pas 13 ans à la Miss Granger connaissant les sortilèges de septième année, une vraie troisième année ne sachant pas grand-chose pour se défendre. Néanmoins j’avais sorti ma baguette à laquelle je me m’accrochais le plus fort possible pour me rassurer au milieu d’un groupe d’élèves. Je savais plus ou moins stupéfixier et espérait que ça suffirait. Lorsque je me suis retrouvée malgré moi face à un ennemi, j’ai eu la chance d’avoir à mes côtés cette jeune Serpentard de première année, aux cheveux couleur corbeau. Ses sorts étaient simples mais réalisés avec beaucoup d’habilité. Déjà une bien meilleure duelliste que moi, voir une bien meilleure sorcière. A nous deux, nous avons pu nous défendre jusqu’à avoir l’aide d’un professeur qui nous a rejoint rapidement.

 

Les sorts fusaient à travers les couloirs du château, nous frôlant parfois de très près. Une chaleur intense se faisait sentir dans mon dos mais déjà je m’éloignais d’un bond pour éviter des pierres qui s’écroulaient du plafond. J’étais constamment sur mes gardes, chaque muscle prêt à réagir, à esquiver surtout. De manière générale je n’ai pas fui le combat mais je ne l’ai pas vraiment cherché, restant au possible avec quelqu’un d’autre pour rattraper mes sorts parfois peu concluant. Un miracle que je ne fasse parti des blessés à l’infirmerie lorsque les combats cessèrent enfin. Les mangemorts s’étaient retirés sans explication. Nous nous sommes tous regroupés à l’entrée du château, serrés pour donner l’impression d’un seul bloc solide. Nous avons attendu, craignant le pire.

 

C’est à ce moment que nous avons vu Potter, mort… Ce n’est pas vraiment sa mort qui m’accabla à ce moment-là, je ne le connaissais pas personnellement et le trouvait plutôt prétentieux. Par contre, cela représentait beaucoup pour tout le monde. J’aurais préféré devenir Gryffondor que de rejoindre les rangs de… Voldemort… alors j’ai agrippé ma baguette de plus belle, pratiquement inutilement, et j’ai attendu puisqu’il n’y avait rien d’autre à faire. Même si cela me paraissait stupide cela me redonnait un brin d’espoir de voir Londubat faire preuve d’insolence. Je peux même admettre que je l’ai trouvé courageux à ce moment précis.

 

Je mis un certain temps à comprendre que l’abruti qui quittait le côté des mangemorts pour s’avancer était en fait Harry Potter qui n’était pas aussi mort que ce l’on croyait, quoiqu’en assez mauvais état tout de même. Aujourd’hui encore je trouve un peu étrange ce qu’il s’est passé par la suite. Harry Potter et celui parfois nommé le Seigneur des Ténèbres se sont battus en duel. Quant à nous, élèves, professeurs, membres de l’ordre du Phénix, mangemorts… C’était comme si tout le monde, dans les deux camps, retenait son souffle. Pas de combat, pas de parole. Seulement le combat sous nos yeux plein d’espoir, ou peut-être plus de confiance de dans le camp mangemorts. Et puis tout s’est arrêté : le combat, la guerre. Qui avait gagné ? Potter. Pas nous. Il suffisait de regarder autour de soi. Parmi les corps que je vis allongés sur le sol là il n’y avait pas d’exclusion, tout le monde à égalité Serpentard ou pas. Mangemorts ou pas. Dans la tête de la petite fille de 13 ans que j’étais, il était difficile de comprendre que c’est CA gagner la guerre.  

 

La plupart des mangemorts ont transplanés. Certains sont restés, comme les Malfoy. La majorité du groupe s’est dirigé vers la grande salle, alors j’ai suivi mécaniquement en observant autour de moi. Des pans de mur arraché, des escaliers effondrés et partout des gens… morts ou agonisant. J’ai aperçu une jeune Gryffondor pleurant dans un coin. J’ai failli passer mon chemin et puis je me suis souvenu que ce qui nous avait séparés n’avait plus d’importance pour le moment. Alors je l’ai pris par l’épaule et je l’ai emmené dans la grande salle, transformé en infirmerie géante et tout autant dévasté que le reste. Une jeune femme, sa sœur peut-être, est venue prendre la petite fille par la main en m’adressant un sourire mi-triste, mi-amical. J’ai à nouveau regardé autour de moi. Je voyais des visages que je connaissais bien sûr, la plupart, mais aucun qui ne m’était proche. Je me suis approchée d’un groupe de Serpentard qui discutait. Je me suis assise près d’eux sans vraiment m’inclure. Du regard je cherchais quelqu’un : ma sœur. Ni parmi le blessé, ni parmi les non blessé. J’en conclus qu’elle devait aider quelque part, puisque je ne pouvais pas imaginer un autre sort pour elle. Je suis resté là, le regard dans le vide, sans personne à qui parler. Et j’ai attendu. Une éternité ou peut-être même deux.

 

Je sentis soudain une douleur intense dans le dos, comme si elle venait de se réveiller d’un coup après s’être contenu pendant longtemps.  J’ai commencé par l’ignorer mais avant d’avoir pu en parler à un soigneur, je m’étais évanouie.

Lorsque j’ai ouvert les yeux, ma grande sœur était assise à mon chevet. J’étais rassurée de la voir et c’est elle qui m’expliqua ce qui était arrivé ensuite. Je découvris aussi ma cicatrice, une large brûlure dans le dos, qui était bien peu comparé à d’autres. Ce soir-là, la guerre s’est terminée mais comme toute guerre, il y avait plus de perdants que de gagnants.

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